Avant prop’Eau…

On ne compte plus les articles traitant du réchauffement climatique à l’échelle mondiale. Chaque début de saison estivale voit son lot d’alertes martelées dans les médias. Pourtant, la globalisation de l’information et sa récurrence finissent par ne plus toucher les citoyens qui peuvent encore remplir leurs piscines et arroser leurs jardins comme bon leur semble sans ressentir les effets pernicieux, car lentement progressifs, du manque d’eau sur notre territoire hexagonal.

Observer son environnement immédiat

J’aimerais donner mon témoignage « à l’échelle humaine » pour redonner du sens à ce phénomène croissant. Si vous faites de même vous vous apercevrez de modifications notables à l’échelle d’une simple décennie. Lorsque je regarde le paysage autour de chez moi je vois des arbres sur les bords de routes qui auparavant étaient verdoyants subir le contrecoup des fortes chaleurs estivales consécutives puis mourir. Après un été caniculaire la végétation a besoin de plusieurs mois pour se remettre. Hors, nous avons des hivers de plus en plus courts et secs en plaine; les précipitations tombent le plus souvent sous forme orageuse et ne viennent pas suffisamment alimenter les nappes phréatiques. Ces dernières se retrouvent donc dans un état critique beaucoup plus rapidement au cours de la saison chaude.

A propos des nappes phréatiques, nous avons souvent l’image fausse de la nappe souterraine hermétique comme un « puits ». Il serait plus juste d’imaginer ces réserves d’eau comme des « passoires » car lorsque l’eau s’infiltre dans ces nappes, elle fuit aussi dans un même temps. Si la quantité d’eau infiltrée diminue du fait de précipitations raréfiées la nappe phréatique, elle, continue de perdre de l’eau par gravitation, rendant son exploitation plus complexe.

L’impact de l’irrigation

Pour arroser les cultures, les agriculteurs utilisent de plus en plus le système de vannes sous pression. Lorsque l’on compare avec le système antique par gravitation, on relève immédiatement un confort pour l’exploitant ainsi qu’un gain de temps. Auparavant, il fallait établir un planning des parcelles à irriguer, le faire suivre aux agriculteurs qui ne pouvaient utiliser l’eau quand bon leur semblaient, ce qui, en période de sécheresse, était parfois rédhibitoire pour les cultures (maraîchers).

Toutefois, ce type « moderne » d’irrigation, entraîne un impact écologique non négligeable. En voyant le terme « écologique », certains lecteurs vont arrêter de lire. Je voudrais juste faire remarquer que le fait de faire passer l’eau dans des canalisations enterrées en lieu et place des « antiques » filioles (cours d’eau) et ruisseaux le long des bords de routes a une incidence évidente sur la végétation.

Tout d’abord, et pour revenir sur mon avant-propos, le fait de négliger ces ruisseaux fait que les herbes et les détritus végétaux s’y accumulent (certains automobilistes peu scrupuleux s’en servent de poubelle). Même si les services régionaux continuent l’entretien (curetage & désherbage/fauchage), ces cours d’eau perdent peu à peu leurs fonctions principales : éviter les inondations en cas de gros orages (de plus en plus fréquents au moment du changement de saison) et garder la végétation des berges en vie (limitation du risque incendie).

L’Impact du tourisme

Pour permettre à tout un chacun d’avoir de l’eau en quantité suffisante en période de vacances estivales (piscines, bains/douches, hébergements touristiques) les services des eaux sont obligés d’augmenter la pression des canalisations d’eau potable. En PACA, la pression est si forte que des services de réparation de fuites affiliés aux fournisseurs d’eau travaillent sept jours sur sept et interviennent sur des brèches de canalisations. En journée, le réseau est largement utilisé et la pression est nécessaire. C’est surtout la nuit que les canalisation se mettent « en pression » et lâchent de l’intérieur. En discutant avec un technicien j’ai pu voir des échantillons de canalisation de tout types. Aucune ne résistent si un réducteur de pression n’est pas installé après compteur d’eau. Lorsque vous avez jusqu’à 7 Bars dans un réseau un peu vétuste ça lâche forcément à un moment ou à un autre. L’impact des fuites d’eau potable ont obligé la ville de Rome à fermer l’eau courante de son réseau pendant huit heures chaque jours durant l’été 2017. La capitale italienne perd jusqu’à 40% de l’eau qu’elle pompe et envoie dans ses canalisations (piquage illégal, fuites à cause de la vétusté des tuyaux). Ce triste exemple donne à réfléchir et nous encourage à considérer l’eau comme une denrée de plus en plus précieuse au fil des années.

 L’Impact sur le risque incendie

Je voudrais terminer sur un effet directement visible et certainement plus dramatique : les feux inhérents à un environnement de plus en plus sec. Criminels ou non intentionnels les feux qui ont ravagé le sud-est au cours de l’été 2017 donnent également des pistes de réflexion quant à notre comportement de citoyen. Nous sommes tous tour à tour touristes (oui, ça fait beaucoup de T), particuliers, randonneurs, chasseurs,… Lorsque vous augmentez la population dans une Région (saison estivale) et que les conditions climatiques mettent à mal une végétation déjà propices aux incendies (garrigues) il suffit de peu pour provoquer un départ de feu qui s’avère désastreux pour l’environnement. Il faut de nombreuses années aux arbres pour recouvrir le paysage et nous offrir cet espace riche en faune et flore diverse où nous aimons faire du sport (VTT, Randos) nous relaxer, nous ressourcer. Si, par décret, les interdictions se multiplient et, un jour, deviennent définitives à la journée nous aurons perdu ces havres de paix. Continuons à être vigilant pour préserver ces espaces publics de liberté.

On termine sur une note d’anticipation sur le caractère précieux de l’eau :

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1 Commentaire sur "Sécheresse… La guerre de l’eau aura-t-elle lieu ?"

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Didier A. (Iceman)
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