Call of Cthulhu

« Vous avez reçu un appel de … »

« Howard Phillips Lovecraft constitue un exemple pour tous ceux qui souhaitent apprendre à rater leur vie, et éventuellement, à réussir leur œuvre. Encore que, sur ce point, le résultat ne soit pas garanti. »

La phrase est de Michel Houellebecq et illustre bien le personnage qu’était H.P. Lovecraft. Il est toujours difficile de cerner un écrivain de cette trempe. Auteur au succès posthume, créateur d’une mythologie cosmogonique qui dépasse la condition humaine et renvoie aux peurs viscérales enfouies en chacun de nous, randonneur endurant et fou de crèmes glacées; voici un portrait non exhaustif de celui qui aura marqué à jamais la littérature horrifique de l’entre-deux guerres et la pop culture d’aujourd’hui.

Je viens de terminer le jeu vidéo Call of Cthulhu (« L’Appel de Cthulhu »), disponible sur la plupart des machines actuelles du PC aux consoles de salon. Je ne ferai pas ici une critique objective du titre. On peut trouver des « montagnes (hallucinées ?) » de tests sur Internet pour celles et ceux qui voudraient se plonger dans l’univers torturé de l’écrivain de Rhode Island. Au-delà des défauts techniques (graphismes datés) et du gameplay parfois pesant (passages retords « à tord » qui font sortir le joueur de l’intrigue); il faut reconnaître que les développeurs de Cyanide Studio ont le mérite de faire découvrir aux joueurs qui ne connaissaient pas Lovecraft une partie de son univers fascinant.

 

Dans la nuit noire de l’âme…

Pour aborder l’oeuvre de Lovecraft mieux vaut ne pas être en situation de fragilité mentale tant les thèmes et les sujets abordés lorgnent du côté sombre de la psyché !

Emprisonnés dans leur condition terrestre et matérielle, les personnages de Lovecraft subissent les événements qui les entourent plus qu’ils ne les comprennent. Protégés par notre condition de lecteurs, nous progressons dans les intrigues en souhaitant que les protagonistes puissent s’en sortir avec le moins de séquelles physiques mais surtout  psychologiques possibles. C’est sans compter le talent inhérent à la plume de l’auteur de Providence dont les scénarios peuvent paraître aussi noirs que l’encre qui a servi à les immortaliser mais qui, malgré l’abus de points virgules dans le texte, ne laissent personne indifférent.

Par-Delà le Mur … de la littérature !

Lovecraft peut-être abordé par différents médias hormis les livres. Celles et ceux qui ont joué au jeu de rôle éponyme dans les années 80 (Call of Cthulhu) peuvent en témoigner. Des nouvelles originelles, en passant par la « Trilogie de l’Apocalypse » de John Carpenter au cinéma ou, plus récemment, en se plongeant dans les bandes-dessinées d‘Alan Moore et Jacen Burrows « Providence » (Avatar Press, 2016), le plaisir de l’indicible reste identique. Enfin, en prenant en main la destinée d’Edward Pierce, manette (souris) en main, les joueuses et joueurs vont pouvoir compléter leur immersion dans l’oeuvre du romancier horrifique le plus méconnu de son époque.

En effet, loin du succès qu’il rencontre aujourd’hui tout média confondu, Lovecraft, ne sera publié de son vivant que dans des revues de gare (comme Pulps) assurant son quotidien en travaillant comme correcteur pour d’autres auteurs.

Providence se compose de trois tomes chez Avatar Press.
L’Antre de la Folie de John CARPENTER (1994). The Thing / L’Antre de la Folie / Prince des Ténèbres (la trilogie de l’apocalypse).

Plein la Lampe !

Tandis que Hegel donnait une classification des six arts majeurs (le pauvre n’a pas eu le bonheur de connaitre l’émergence du Jeu Vidéo), la fin du vingtième siècle a connu l’arrivée du jeu multimédia, reconnu comme le dixième art depuis 2011.

Comme je le disais dans le deuxième paragraphe, bien que le jeu soit dépassé en terme de réalisation technique et poussif dans certaines phases de gameplay (je soupçonne là un moyen de rallonger artificiellement la durée de vie du titre !), il mérite notre considération pour son ambiance fidèle à l’oeuvre de H.P. Lovecraft.

Le gimmick de la lampe tempête.

 

Le titre propose des environnements variés mais possède un gameplay dirigiste qui peut rebuter les amateurs de mondes ouverts (Zelda Breath of the Wild / Spiderman / Red Dead Redemption 2).

 

 

 

 

« Tire sur la Chevillette, la Bobinette cherra ! ». Les énigmes sont assez simples (simplistes ?).

 

Ambiance années 20 garantie, Ford T et Borsalino !

 

L’idée de proposer une immersion dans le passé d’une scène de crime était géniale… sauf que « Detroit Become Human » est passé par là en mai 2018 en faisant dix fois mieux ! Dommage !

 

 

Le titre est fidèle au jeu de rôle papier de 1982 !

 

A très bientôt sur le blog !

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Didier A. (Iceman)
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Je laisse l’oeuvre dans mon imaginaire, uniquement par l’ecrit. L’integrale du monsieur me suit partout, même sur mon smartphone. Peut-être me sentirais-je un jour à faire un billet à la hauteur car ca ne plait pas à tout le monde.